Confinement - Jour 4
 

Batailles choisies #8

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En deux mots: Les enfants, vous faites quoi?

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J’entends mes enfants rire aux éclats.

Petit avec son rire de bébé encore, aigu, angélique, innocent. Grand qui rigole et rigole et rigole, vrombissement de joie régulier, déjà un rire de grande personne, plein de personnalité.


Si au moins, le confinement aura apporté quelque chose de positif, ce sera peut-être ça ? Que mes enfants, 4 et 2 ans, puissent jouer ensemble, sans se disputer systématiquement?


Ils ont l’air de bien s’amuser, vraiment. Ça me fait chaud au coeur. Je ne sais pas ce qu’ils font, mais ça me permet de remplir le lave-vaisselle et ranger la cuisine pendant que papa télétravaille - c’est son tour.

« Mais qu’est-ce qu’ils font, d’ailleurs? »

Ils rient encore.

Mais qu’est-ce qu’ils font, d’ailleurs ?

Je les entends rire dans…

...les toilettes.

C’est pas normal qu’ils y restent si longtemps. Qu’est-ce qu’ils peuvent y trouver de si drôle?

“Les enfants, qu’est-ce que vous faites?”

Je m’approche. Les rires se calment. Mauvais signe.

J’ouvre la porte.

Petit me regarde avec des yeux étonnés.

Grand avec son regard coupable.

Grand tient en l’air comme Excalibur la brosse à WC. Des gouttes d’eau tombent avec insolence de la balayette sur la tête de Petit, qui est mouillé de haut en bas.

Le sol est trempé.

La poubelle flotille dans cette mare

Les rouleaux de papier sont gorgés d’eau.

Le lavabo déborde.


Bain pour eux, douche froide pour moi.

 
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Confinement - Jour 3
 

batailles choisies #7

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En deux mots: Mamans! Allez-y, faites des bruits de pet avec la bouche, ça abolira le patriarcat.

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Finalement, est-ce que rester à la maison toute la journée avec ses enfants ne serait pas une manière d’abolir le patriarcat ? 

Je m’explique. Je passe mon temps confiné à être l’anti-modèle de la femme. Vous savez, cette femme douce, discrète, qui se tait et attend son tour pour parler, qui ne dit pas de choses inconvenantes, qui croise les jambes et ne se fâche jamais, qui sait rester à sa place.


Sauf que pour occuper mes enfants, les avoir de bonne humeur, les faire jouer, rire, chanter, je me rends compte que je dois lâcher-prise, laisser derrière moi les règles de bienséance, de politesse qu’en tant que femme j’ai intériorisées. Je le fais d’ailleurs davantage quand je suis seule avec Petit et Grand, car un mari, quand bien même l’entente est belle, reste un regard d’homme. 

« je dois lâcher prise, laisser derrière moi les règles de bienséance, de politesse qu’en tant que femme j’ai intériorisées »


Face à mes deux bouts, me voilà donc étalée par terre les jambes écartées pour jouer au Hue-Dada.

Grimaçant, bouche tordue, yeux globulant, pour les faire rire.

Parlant trop fort et manspreadant quand on joue à la sorcière qui prend toute la place.

Piétinant constamment leur espace personnel pour jouer ou réconforter.

Passant des heures entières à faire des bruits de prout, parce que je sais que ce n’est pas poli, mais ça les amuse tellement…. 

 

Mes enfants sont trop petits pour avoir été déformés par le patriarcat. Pour eux, je ne suis pas une femme. Donc, je n’ai pas à être féminine. J’ai juste à être leur maman. 


Finalement, mes garçons, quand ils rient aux éclats parce que je fais des bruits de prout, sont les hommes les plus féministes du monde.

 
 
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