Confinement - Jour 48
 

Batailles choisies #52

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En deux mots:

Mes enfants font preuve d’empathie et me pardonnent quand je me suis mise en colère contre eux. Néanmoins, ils préparent aussi un seau d’eau pour se venger.


 

Expliquer à mes enfants quand j’en peux plus et que j’ai besoin de m’isoler, est-ce que ça marche? Me laissent-ils tranquille?

À votre avis?

Je dirais…. 2 contre 1. Mais prenez vos paris...

« Je sens la moutarde me monter au nez. »


Là, dans le jardin, parce qu’ils sont encore sales, mouillés, pénibles ou tout ça en même temps, je sens la moutarde me monter au nez, je sens que va siffler la cocotte-minute, entendez: je sens que je vais hurler sur mes enfants.

J’essaie de nous éviter ça à nous tous alors je tente une nouvelle technique. Je dis à Grand, fermement, que je suis très fâchée, que je les laisse tous les deux, parce que je sens que je vais m’énerver et que j’ai besoin d’être un peu seule. 

Ce “un peu seule” se résume à m’éloigner d’un mètre cinquante, rester dans le salon, surveillant les enfants du coin de l’oeil et du bout de l’oreille, à peine intéressée par mon téléphone. Ce n’est pas grand chose, mais ça fait baisser la pression.


Petit pleurniche un peu. J’entends Grand lui expliquer qu’il faut pas pleurer, c’est juste que Maman elle est un peu fâchée, elle va s’isoler un peu et revenir après, d’accord? Ne t’inquiète pas. 


« La douceur d’avoir l’impression de réussir l’éducation de mes enfants »

Ce n’est pas si fréquent, alors je profite de cette chaleur qui m’inonde, d’amour et de fierté du travail accompli, de la douceur d’avoir l’impression de réussir l’éducation de mes enfants: oui, ils apprennent à comprendre l’autre, à faire preuve d’empathie.


J’entends Grand continuer de parler tout en s’activant à quelque chose. Il parle d’eau, de Maman.

Je ne saisis pas bien le rapport.

Je tends l’oreille. 


Il dit qu’il prépare un seau d’eau pour le jeter sur maman. Il se le dit à lui-même, à haute voix et aussi à son petit frère, à qui il explique que quand Maman revient on va lui jeter de l’eau dessus. 

Je l’entends ouvrir le robinet, remplir le seau de plage, se placer face à la porte-fenêtre. Il prépare sa vengeance avec application, en bref. 


Quand je sors, il m’explique qu’il va me jeter de l’eau dessus parce que j’étais fâchée et il commence à me courir après. 


Je ne suis pas certaine qu’il ait beaucoup d’empathie pour sa maman à bout de nerfs, mais dans cette course-poursuite vengeresse, au moins, nous rions tous les trois. 

 
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Confinement - Jour 47
 

Batailles choisies #51

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En deux mots:

Ça vous dit qu’on utilise “mignonnerie” pour parler de ces moments craquants de nos enfants? Type, “oh il m’a fait une mignonnerie, faut que je te raconte”. Exemple ci-dessous.


 

Une mignonnerie de Grand.

Oui, une mignonnerie.

“Mignonnerie”, mot qui existe, mais dont je propose l’usage suivant: petite scénette ou petite réplique trop mignonne de votre rejeton, qui vous fait fondre le cœur. Petit rayon de soleil dans la pluie comme vache qui pisse qu’est la vie avec les enfants.


Grand adore colorier et dessiner. Tonton et Tata lui ont offert un livre de coloriage, envoyé par la Poste en ces temps de Coronavirus, trop chou. Le livre lui a tellement plu qu’il a passé sa soirée à le colorier, avec diligence, page après page enchaînées comme s’il était exploité dans un sweatshop, au point que Grand a l’air vraiment très fatigué. Bientôt 21 heures, il faut le libérer.

« Bientôt 21 heures, il faut le libérer. »

Mais, Grand, tu ne veux pas finir demain? Tu en as fait beaucoup, déjà.



Suit une explication tarabiscotée typique d’un enfant de quatre ans, avec une voix raisonnable mais une diction épuisée: “Parce que, maman, regarde, je dois finir ce soir parce que sinon demain, Petit va voir les dessins, et vouloir les prendre et on va se fâcher, en plus demain, Tonton et Tata ils m’ont dit qu’il n’y avait plus de timbres avec le Coronavirus, donc je dois tout finir, pour leur envoyer les dessins tout coloriés entièrement demain matin pour avoir des timbres”. 

« J’ai peur d’y passer la nuit. »

Silence maternel, un peu attendri, un peu fatigué de ne rien comprendre à pourquoi on ne va pas se coucher et qu’on tient absolument à colorier la page 8 de 23. J’ai peur d’y passer la nuit, là.

Je retente:

D’accord, c’est bien de travailler comme ça avec autant d’application, mais ne te sens pas obligé de terminer ce soir. Tu peux en garder pour demain.



Et puis la mignonnerie.

Après un silence réflexif. 

Tu sais, Maman, je veux finir les dessins, c’est parce que je fais tous mes efforts.


J’éclate de rire, l’autorise, pour ce soir, à laisser tout son bazar éparpillé là et colle à ce grand bêta qui a repris à son compte une de mes explications du sens de l’effort, un gros baiser sur la joue.

 
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