La médaille de la patience, deuxième
 

Batailles choisies #114

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En deux mots:

L’impatience des pères me fatigue.


 

Hier, ma belle-mère me dit que je mérite la médaille de la patience, face aux crises de Petit, fréquentes, bruyantes et exténuantes. Il est effectivement très difficile à gérer en ce moment. Alors c’est moi qui le gère. Le câline pendant qu’il donne des coups de pieds à la ronde, le caresse quand il hurle, le supporte quand il est insupportable. C’est moi qui le gère parce qu’à la première crise, son père s’énerve

Et sans surprise, perdre patience avec une boule de nerfs et pelote d’émotions emmêlées qu’on appelle également un enfant de deux ans, n’a aucun effet positif.

L’impatience des pères me fatigue. 

Combien de fois j’ai dû lui expliquer que, quand il s’emporte comme ça, il ne fait que me refiler le problème, qui va me revenir en pleine face dans cinq minutes, en pire? Qui crois-tu qu’il va réclamer Petit qu’on engueule?

Que je n’ai pas plus de patience naturellement avec les enfants, non, juste que je passe plus de temps avec eux et sais d’expérience qu’il faut trouver d’autres chemins, pour qu’on ne finisse pas tous sur les nerfs?

Que, quand tu as passé la journée en réunion pendant que je désamorçais des guerres territoriales, tribales et mondiales, je n’ai vraiment pas envie de me retrouver avec un ennemi de plus dans une partie de Risk qui a déjà bien trop duré?

Enfin, que la patience avec les enfants est un travail, encore un, qui doit être fait si tu ne veux pas passer des journées entières à hurler?

La médaille de la patience, non, pas pour Monsieur. Il mérite plutôt le prix du demi-brut. 

Et pour moi, une médaille de la patience au carré.

 
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Heloise SimonPapa, patience
La médaille de la patience
 

Batailles choisies #113

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En deux mots:

Les terrible twos, ça dure vraiment une année? Une année toute entière? À combien de médailles a droit une maman qui survit à un enfant de deux ans?


 

Petit a, depuis quelques semaines, des crises de… panique? Des crises de colère? Des caprices? J’avoue que je ne sais pas bien ce que c’est. 

Une fois, c’est parce qu’il a vu partir son père en voiture au supermarché. Bon. Compréhensible, après des mois de confinement.

Une autre fois, c’est parce que c’était l’heure du dîner et qu’il fallait venir à table.

Une fois encore, il fallait enlever un pantalon mouillé. Changer la couche. Se laver les mains. S’essuyer la bouche. Bon. Moins compréhensible.

Me dire que ce sont les terrible twos, oui, d’accord, certes. Mais mon terrible four a eu deux ans et je n’ai pas souvenir qu’il ait été si terrible, qu’il soit entré dans de telles crises.

Les crises de Petit commencent par des “non, non” typiques de son âge mais elles dégénèrent très vite: il se met à hurler, se roule sur le sol, court se cacher derrière un ficus, me court après pour s'agripper à mon pantalon, me repousse, ne veut rien, ni être avec moi ni être seul, ni être porté, ni marcher, ni manger ni ne pas manger. Il est inaccessible et inconsolable. Tu veux ta tétine, voir les chiens, une poire, un camion, on regarde les oiseaux, l’eau qui coule ici, on va en haut, en bas, à gauche, à droite, au ciel, en enfer

Ça dure vingt bonnes minutes. 

Ça arrive plusieurs fois par jour. 

Parfois ça passe avec un morceau de pain. 

D’autres, je ne sais plus comment on s’est extirpé des sables mouvants.

Tout ce que je sais, c’est que là, dans le terrain de ma belle-mère, avec un doux soleil de printemps, bercés par les gazouillements des oiseaux, entre les arbres qui commencent à fleurir, ça fait un bon quart d’heure que je balade en caressant et en maudissant ce sale mioche qui continue de pleurer à grosses larmes et gros sanglots.   

Après une journée marquée par trois épisodes de ce type, ma belle-mère me dit que je mérite la médaille de la patience. Il faut dire que je suis la seule qui en trouve, fût-elle en bien maigre filet.

La médaille de la patience.

Elle m’irait si bien.

Des médailles, j’en mérite. 

En or. 

Et au chocolat.

 
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