La télé chez Mamie, ou l’eau dans son vin
 

Batailles choisies #130

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Pas le temps de lire tout de suite?

En deux mots:

Comment se battre, ou pas, avec sa belle-mère pour réduire les heures de télé. 


 

Il faudrait que les enfants regardent moins la télé chez leur grand-mère. Il faudrait que la télé ne soit pas si ancrée dans les habitudes et les rituels, qu'on revienne sur sa présence, si difficile à évincer, dans les heures de repas des enfants. Ma belle-mère a un seuil au-delà duquel “bon on arrête, ça fait beaucoup” qui est bien plus élevé que le mien. Il faudrait qu’elle comprenne, que certains jours, c’est trop.



Avant le confinement, je me battais souvent sur ce point. J’arrêtais moi la télé, j’allais lui suggérer poliment, je me disais, surtout, que quand même, elle se rend pas compte que ça va leur griller le cerveau?



Quand le confinement a été levé, Grand est allé passer des semaines chez Mamie. Des semaines à regarder (ce qui pour moi est) trop la télé. Petit lui a tenu compagnie devant des dessins animés idiots les week-ends ou, comme maintenant, les semaines de vacances.



Ça devrait me hérisser. 

  

Mais je regarde autour de moi: je vois les heures passées à la campagne, au grand air. Je vois les jeux avec les bouts de bois, les parties de cache-cache entre les buissons, les petits travaux d’extérieur (arroser, faire des trous, reboucher des trous), les heures passées à jouer tout seul pour Grand, les explorations de coins de nature pour Petit, la dépense physique de se balader du grand arbre du fond du terrain aux cailloux de l’entrée. Je vois les heures passées avec les chiennes. Je vois leur bonheur de se salir, de se renouveler chaque jour sans ennui, de s’inventer des occupations dans un espace qui, moins fixe que les squares ou moins routinier que notre éternel randonnée pas trop loin de la maison, est tout à eux. Je vois qu’ici ils grandissent avec amour. 



Alors, devant la télé, je ferme un oeil, parfois deux, et choisis de ne plus la voir.

 
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Heloise Simonécrans, Abuelita
Un grand monde dans une petite tête
 

Batailles choisies #129

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En deux mots:

Tendez l’oreille! Un enfant de 4 ans qui parle tout seul a plein de choses à dire…

 

-Qu’est-ce que tu dis, Grand?

-Grand? Tu me dis quelque chose?

-Mais, enfin, Maman, non! Je ne te parle pas à toi: je joue à être Sam le Pompier.

-Ah, pardon, je t’entendais parler alors j’ai cru...

Dans sa tête, Grand a tout un monde bigarré qui se manifeste lorsqu’il se parle à lui-même à haute voix.

Je l’entends dire, “Allons-y! Il ne faut surtout pas rater le train!”, suivi de “je suis tout à fait d’accord” et puis un “no quiero!” retentissant. Ce discours proféré dans son coin mélange des répliques de son dessin animé préféré, un tic de langage de sa maman (en français donc) et l’espagnol de papa et du pays dans lequel il vit. 

C’est beau d’entendre ça, c’est comme si j’écoutais une symphonie depuis l’extérieur d’une salle de concert. Une fenêtre sur mon grand bonhomme

Là ce serait une symphonie cacophonique, faite de bric et de broc, de notes éparses, mais j’aime le son feutré d’un monde qui n’est pas le mien et me parvient doucement, par vagues.

J’aime aussi que ce monde lui permette de jouer seul pendant longtemps: c’est son dedans qui ressort, et qui lui permet d’être autonome, pour faire des courses de petites voitures ou décider de reboucher un trou avec de la terre, sans demander à personne d’autre que lui-même.

Il y a tellement de monde dans cette tête qu’il n’a, pendant de brefs instants, plus besoin de personne.   

 
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Heloise Simonprogrès