Caca cadeau
 

Batailles choisies #192

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En deux mots:

Une joie que seuls les parents peuvent comprendre: l’enfant qui apporte son petit pot avec un gros caca dedans. Quel cadeau pour ce Noël de prolongations!


 

Petit apprend la propreté. Ici, c’est le plein été, il a un grand frère - deux bonnes raisons de passer la troisième sur ce passage de bébé à enfant. 

J’ai des sueurs froides en repensant à l’apprentissage de la propreté de Grand, lente, laborieuse, qui m’a laissé un sentiment d’échec cuisant et un sentiment de culpabilité d’avoir sans doute voulu forcer le processus, de ne pas avoir respecté son rythme, et plus prosaïquement, d’avoir nettoyé de la matière dans les escaliers, les chaises, les lits, les moquettes et bien sûr les vêtements, des chaussettes aux bonnets. Plus jamais ça.


Pour Petit, ma technique arrivée par sérendipité consiste à le mettre cul nu. Il sent qu’il a envie et fait pipi dans le jardin. Peu d’accidents pour le liquide. Pour le solide, je ne sais pas encore, mais j’ai confiance: le camp naturiste lui convient très bien, les résultats de son nudisme sont encourageants.


Aujourd’hui, après le déjeuner, je fais un jeu avec son frère et perds de vue Petit, cul nu depuis le matin. 

Où va-t-il, je ne sais.

Comment fait-il, je ne sais.


Mais le revoilà dans mon champ de vision, voilà Petit qui marche vers moi, avec ses petits pas assurés, d’un air satisfait, de l‘air fier aussi de celui qui sait que con cadeau va faire très plaisir. Dans ses mains, son petit pot, qu’il me tend, avec un bel étron dedans.


Je m’extasie. Bravo! Hourra! Youpi! Je convoque le ban et l’arrière-ban pour partager mon extase.     


Oh, merci Petit, merci! Venez voir le miracle, Papa! Grand! Venez voir, Rois Mages et compagnie, oh, le plus beau des cadeaux!

 
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Heloise Simoncaca, cadeau
 Le plastique, est-ce fantastique?
 

Batailles choisies #191

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En deux mots:

Aveu: je suis devenue une convaincue du sapin de Noël en plastique. Attention! Billet à fort esprit de prosélytisme.


 

Avant, je trouvais terrible et terriblement beauf d’avoir un sapin de Noël en plastique. Où est l’odeur de forêt, où est le plaisir de la balade en jardinerie pour trouver le sapin parfait, où sont les aiguilles qui piquent mais pas trop quand on met les décorations? Et puis ça fait galerie commerciale de Province, aucune personnalité!


C’était avant. Dans l’hémisphère Sud où je vis, pas de sapin de bois et d’aiguilles, non: uniquement du plastique. Je l’avoue: c’est le pied.


Ce matin, on a rangé dans la boîte les boules roses, vertes, rouges, cassées, enfoncées ou miraculeusement (puisque c’était Noël) intactes; on a enroulé l’érinye de guirlande musicale; on a replié délicatement les décorations moches faites avec amour par mes enfants à l’école ou la crèche, en forme de père Noël ou de bonhomme de neige.


Mais surtout, on a démonté le sapin lui-même: d’abord le pied, puis le milieu et enfin la cime. On a replié chaque branche sur le tube en plastique qui sert de tronc. On a tout fait entrer dans la boîte en carton de son achat, qu’on a placée dans la loggia. On reviendra à toi dans un an pile.


Et voilà: en dix minutes, Noël, c’est fini. Le sapin en plastique prend le temps de montage et de démontage que mérite cette fête tentaculaire. Le sapin est pratique, il s’oublie, il se ressort en cinq minutes, se réutilise pendant vingt ans. 

Le sapin en plastique représente ce qu’est Noël pour moi: une obligation sociale dont, certaines années plus que d’autres, je me passerais bien. 


À défaut de forêt du Grand Nord, il sent bon la Maman vermoulue.

 
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Heloise SimonNoël