#2 : dans 358 jours, j’arrête le smartphone

FLEUR DE CACTUS

 

Vous connaissez quelqu’un à qui le régime Cactus ferait du bien? Transférez-lui cette newsletter.


La mission l’objectif le défi la folie d’arrêter d’utiliser mon smartphone, dans laquelle je vous embarque aussi, j’ai décidé de l’appeler: le régime Cactus.

C’est un régime, d’abord: un changement d’hygiène de vie, quelque chose qui se décide, qui se réussit, ou pas, en tout cas qui se discute à l’apéro - ah oui, là, j’ai décidé de me mettre au régime cactus. C’est quelque chose qui n’est pas tous les jours facile mais qu’on fait parce qu’on en attend des améliorations, au bout du chemin, pour moi, et puis, pour les enfants aussi.

Mais pourquoi “cactus”?

Qu’est-ce que cette plante a à voir avec le téléphone portable?

Dans la région centrale du Chili où je vis, les collines et les montagnes regorgent de cactus, en particulier le “quisco”, l’“Echynopsis chiloensis” de la langue savante, un cactus imposant en colonne, parfois ramifié, souvent de plusieurs mètres de haut, qui donne, durant seulement quelques jours au printemps, des fleurs blanches aux pétales longs et larges comme des rubans, d’une couleur de robe de mariée.

Un jour que je me balade dans les reliefs autour de chez moi, je jubile: voilà justement un quisco en fleur! Quelle superbe création de la nature! J’ai une envie folle de la cueillir, ou simplement de la toucher, de la caresser - qu’est-ce qu’elle doit être douce! Voyez un peu, ce tube vert qui sort du flanc de la colonne, qui laisse jaillir en rangs serrés des dizaines de pétales d’un crème de velours! Je me juche sur la pointe des pieds, tends, depuis le bord du sentier, ma main vers elle, pour savoir si ces fleurs sont aussi épaisses et veloutées qu’elles en ont l’air… Le cactus me dépasse d’un bon mètre et demi mais sa fleur est à portée, juste là, presque au bout de mes doigts… Pourtant, malgré l’avantage que me donne l’escarpement, je me tâte.

Est-ce une bonne idée? Euh, peut-être.

Est-ce vraiment une bonne idée? Euh, non.

Ce cactus est hérissé d’épines de presque vingt centimètres, longues comme des aiguilles à tricoter, pointues comme des épingles. Si je me rate et que je glisse, je risque de me faire super mal et ça ne sera absolument pas aussi drôle que dans Tom et Jerry.

Vous ne voyez toujours pas le rapport avec le smartphone? Toujours rien à voir avec le défi de ne plus être dépendante de mon téléphone d’ici 365 jours, enfin, 358 jours, maintenant?

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Ce qui m’a donné envie d’appeler ce défi le régime cactus, c’est l’idée fulgurante que dans le monde où nous vivons, arrêter le smartphone, c’est, comme ce jour-là, essayer de caresser une fleur de cactus. C’est plein d’épines et plein de questions:

Comment on s’y prend?

Est-ce que c’est douloureux?

Est-ce que ça vaut vraiment la peine?

Je ne sais pas - on passe sur le côté, on y va dans le mille en serrant les dents, on fait la danse de la pluie.

Sûrement - 20 centimètres, quand même.

Absolument: cette fleur de cactus, c’est ce qui nous attend, nous tous qui nous lançons dans le régime cactus.

Le prix à payer ou plutôt, une récompense magnifique après la palissade d’épines, dont vous pourrez dire autour d’un verre: c’était pas facile, ça m’a demandé pas mal de contorsions, mais depuis, ma vie a fleuri.

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